À Ouagadougou, l’AES veut transformer ses ressources naturelles en moteurs de souveraineté et d’industrialisation

Une nouvelle étape dans la coopération économique entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’est ouverte jeudi 13 août 2026 à Ouagadougou. Les ministres en charge de l’Énergie, des Mines, des Carrières et du Pétrole du Burkina Faso, du Mali et du Niger tiennent leur première rencontre consacrée à la mise en place d’une stratégie commune autour des ressources naturelles.
À l’ouverture des travaux, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a fixé l’ambition : faire des richesses énergétiques et minières de l’espace confédéral de véritables instruments de souveraineté économique, d’industrialisation et de justice sociale.
Cette rencontre ministérielle intervient après plusieurs jours de travaux techniques. Depuis le 10 août, des experts des trois pays se penchent sur l’élaboration d’un cadre commun destiné à renforcer la coopération dans les secteurs de l’énergie, des mines, des carrières et du pétrole. Ils travaillent également à la préparation d’un mémorandum qui doit servir de document de référence pour la prochaine Semaine de l’Énergie et des Mines de l’AES.
Vers un marché énergétique plus intégré
Sur le front énergétique, les discussions portent sur des enjeux particulièrement stratégiques pour les trois pays : l’interconnexion des réseaux électriques, la mutualisation des capacités de production, le développement des énergies renouvelables et la sécurisation des corridors pétroliers.
L’objectif est de dépasser une logique strictement nationale pour favoriser des infrastructures et des mécanismes capables de répondre aux besoins de l’ensemble de l’espace confédéral.
Pour les autorités de l’AES, l’enjeu est aussi social. Une coopération énergétique renforcée doit contribuer à accroître la disponibilité de l’électricité, à maîtriser les coûts et à soutenir l’activité économique, notamment dans les zones où l’accès à l’énergie demeure un facteur limitant pour l’industrialisation.
De l’extraction à la transformation
Dans le domaine minier, les trois pays entendent également revoir leur approche de la valorisation des ressources. Les discussions mettent notamment l’accent sur la mobilisation des revenus miniers, le développement du contenu local, la traçabilité des productions et surtout la transformation des matières premières sur place.
Cette orientation répond à une préoccupation centrale : faire en sorte que l’exploitation des richesses du sous-sol bénéficie davantage aux économies et aux populations des pays producteurs.
Le ministre malien des Mines, le Pr Amadou Keïta, a ainsi plaidé pour le développement de projets structurants et intégrateurs à l’échelle de la Confédération. Une démarche qui pourrait favoriser la complémentarité entre les capacités, les ressources et les marchés des trois États.
Or, lithium, uranium : miser sur la valeur ajoutée

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L’AES dispose d’importantes ressources naturelles, parmi lesquelles l’or, le lithium et l’uranium. Mais au-delà du volume des ressources extraites, les autorités veulent désormais placer la question de la valeur ajoutée au cœur de leur stratégie.
La transformation locale des matières premières apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers recherchés pour stimuler l’industrialisation, créer des emplois et augmenter les retombées économiques de l’exploitation minière.
Cette ambition suppose toutefois de renforcer les infrastructures, les capacités énergétiques, les compétences techniques et les mécanismes de financement nécessaires à l’émergence d’industries de transformation.
Des résultats attendus par les populations
À travers cette première réunion ministérielle, les autorités de l’AES affichent une volonté de passer des orientations politiques à des réalisations concrètes. L’enjeu sera désormais de traduire les discussions en projets communs, en mécanismes de coopération opérationnels et en investissements capables de produire des effets mesurables.
Davantage d’électricité, des coûts énergétiques mieux maîtrisés, des emplois pour les jeunes et une meilleure valorisation des ressources minières : tels sont les principaux résultats attendus.
La rencontre de Ouagadougou marque ainsi une volonté de construire une politique commune des ressources naturelles. Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, il ne s’agit plus seulement d’exploiter les richesses du sous-sol et les potentialités énergétiques de leurs territoires, mais de les inscrire dans une stratégie collective visant à renforcer l’autonomie économique de l’espace AES et à faire davantage profiter les populations de ses ressources.
TCHA-TCHA MEDIA