Les messages d’Alger à Bamako

Le président de la République a crevé l’abcès en évoquant les tenants et aboutissants de «l’intoxication» de la relation avec le Mali avant son retour à la normale parce que, a souligné Abdelmadjid Tebboune, la réalité finit toujours par s’imposer quelle que soit la vision du dirigeant à la tête de ce pays voisin…
Le chef de l’Etat a incidemment rappelé, à ce propos, sa déclaration où il a affirmé : «Je ne porte atteinte à aucun pays voisin quel qu’il soit, ni la Mauritanie, ni le Mali, ni le Niger, ni la Libye, ni le Tchad même si on n’a pas de frontière avec le Tchad ».
Et de souligner qu’avec le Mali, l’Algérie s’est impliquée dans la gestion des problèmes ethniques bien avant l’indépendance, à la demande de Bamako. «Nous ne sommes jamais imposés à eux», dit-il. Abdelmadjid Tebboune de révéler la tierce partie à l’origine de la brouille entre l’Algérie et le Mali.
«Quelqu’un qui chuchote dans son oreille, parce qu’il ne veut pas que l’Algérie ait une influence régionale» alors que son pays- pays de l’auteur de la manipulation- «est dans le désordre, il va leur (maliens) raconter que l’Algérie intervient dans vos affaires».
Ils sont connus, selon le président de la république qui, cependant, s’abstient d’identifier «ces mauvais conseillers de Bamako», avant d’argumenter avec un paradoxe : «Nous-mêmes, nous refusons qu’on s’implique dans nos problèmes internes, comment va-t-on nous ingérer dans les affaires d’un pays ?», a-t-il appuyé. «C’est impossible», a-t-il tranché.
Mais il ne s’arrêtera pas à ce constat. Il a ajouté que «ceux qui accusent l’Algérie d’intervenir dans leur problèmes intérieurs sont manipulés, Nous savons par qui», dit-il en précisant que ceux-ci « veulent isoler le Mali de l’Algérie pour devenir une proie facile et créer des problèmes à la frontière».
Il précisera également rassurant que «notre voisinage avec le Mali n’a que des choses extrêmement positives, que ce soit pour le Mali que pour l’Algérie». Le chef de l’Etat a aussi abordé la coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine et d’autres phénomènes à la frontière commune, mais a exclu une quelconque volonté de s’immiscer dans les affaires internes du pays voisin qu’il invite, à être vigilant quant à «ceux qui lui soufflent dans l’oreille».
«L’ennemi de ce que tu crois être ton ennemi, n’est pas forcément ton ami», a-t-il adressé aux dirigeants maliens en rappelant, à juste titre : «nous ne sommes pas ennemis, nous ne sommes même pas adversaires. Il y a un peuple avec lequel nous sommes voisins depuis des siècles, il n’y a pas de raison pour que cela change ».
«Ceux qui ont apporté le terrorisme au Mali veulent l’aider à luter contre…»
Abdelmadjid Tebboune maintiendra le même ton en abordant la délicate question du terrorisme. «C’est une question très profonde à laquelle nous sommes prêts pour passer à autre chose», a-t-il dit suggérant la possibilité d’une véritable solution à ce phénomène.
«Le terrorisme n’est pas un héritage pour l’Afrique, n’est pas une fatalité pour l’Afrique. Le terrorisme en Afrique a été créé, et j’assume ce que je dis», a martelé le président Tebboune ajoutant que «ceux qui ont créé le terrorisme, ou leur complice et proxy, sont ceux-là même qui veulent aider les maliens à régler le problème de terrorisme ». «Le terrorisme est né avec la chute de la Libye. Il est trop profond», a-t-il reconnu mais a soutenu qu’il est possible de le vaincre.
«On en fait toute une tartine alors qu’on peut lutter contre le terrorisme. Demain, si nous avons des accords précis, sans toucher à la souveraineté ni à la vie de ceux qui ne sont pas terroristes, on peut s’entendre et agir ensemble. Nous sommes leaders dans la lutte antiterroriste», a-t-il soutenu. Et d’accuser «Ceux qui ont envoyé des contingents en formation auprès de Daech, de prétendre lutter contre le terrorisme en Afrique».
En définitive, Abdelmadjid Tebboune a identifié les défis politiques et sécuritaires auxquels fait face le Mali, identifié les proxys actionnés pour le déstabiliser et suggéré des pistes pour triompher de ces problèmes «profonds». Avec l’assurance que «l’Algérie ne fera jamais de mal à un pays voisin».
Par Djilali B.
Source : l’Algérie Aujourd’hui