3ème Rencontre Annuelle des Services du Trésor : 1 587 milliards de FCFA de dette intérieure apurés en 2025, un signal fort pour les finances publiques maliennes

La Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) a organisé, le jeudi 18 juin 2026 à Bamako, la troisième édition de la Rencontre Annuelle des Services du Trésor. Placée sous le thème « Gestion efficace de la trésorerie : levier stratégique de la gestion des finances publiques », cette rencontre a permis de dresser le bilan des performances enregistrées par le Trésor public et de définir les perspectives pour une meilleure gestion des ressources de l’État. La cérémonie d’ouverture, tenue à l’hôtel Salam, a été présidée par le Ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou. Elle a réuni les responsables des services du Trésor ainsi que plusieurs partenaires des administrations financières.
Dans son intervention, le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique, Siaka Samaké, a mis en avant les résultats obtenus en matière d’apurement de la dette intérieure. Selon lui, les efforts consentis par les autorités ont permis de régler 1 587,1 milliards de FCFA de dette intérieure en 2025, contribuant ainsi à assainir la situation financière de l’État.
Cette dynamique a eu un impact direct sur la réduction du stock des instances de paiement au Trésor, c’est-à-dire les dépenses déjà ordonnancées mais en attente de règlement. Ce stock est passé de 503,4 milliards de FCFA en décembre 2024 à 308,9 milliards de FCFA en décembre 2025, soit une baisse de près de 39 %.
Le Directeur Général a également indiqué que les efforts se poursuivent en 2026. Grâce aux paiements effectués au cours du premier semestre, le niveau des instances de paiement a encore diminué pour atteindre 231,5 milliards de FCFA, traduisant une amélioration continue de la trésorerie publique.
Des indicateurs macroéconomiques au vert
Prenant la parole à son tour, le ministre Alousseni Sanou a souligné la résilience de l’économie malienne et la solidité de ses fondamentaux macroéconomiques. Il a rappelé qu’en 2025, le Mali a respecté trois critères majeurs du Pacte de convergence de l’UEMOA.
Le déficit budgétaire a ainsi été contenu à -1,6 % du Produit intérieur brut (PIB), tandis que le taux d’inflation s’est établi à 2,3 %. Quant à l’encours de la dette publique, il représentait 41,8 % du PIB, un niveau jugé soutenable au regard des normes communautaires.
Pour le ministre, ces performances témoignent des efforts engagés par les autorités pour préserver les équilibres budgétaires et renforcer la crédibilité financière du pays dans un environnement économique marqué par de nombreux défis.
La digitalisation au cœur de la mobilisation des ressources
Les échanges ont également mis en lumière le rôle croissant de la transformation numérique dans l’amélioration des finances publiques. Les intervenants ont unanimement reconnu que la digitalisation constitue aujourd’hui un levier essentiel pour accroître la mobilisation des ressources internes, sécuriser les recettes et améliorer l’efficacité des services financiers de l’État.
À cet effet, un panel de haut niveau consacré à l’apport de la digitalisation dans la mobilisation des ressources publiques a constitué l’un des moments phares de la rencontre. Les participants ont également été informés de la mise en service de la nouvelle Agence Comptable Centrale des Dépôts (ACCD), structure chargée de renforcer la centralisation et l’optimisation de la trésorerie des organismes publics.
Mobiliser davantage les ressources internes
En clôture de son allocution, le ministre de l’Économie et des Finances a invité les participants à formuler des recommandations concrètes et opérationnelles. Il a insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts de mobilisation des ressources intérieures dans un contexte marqué par la diminution des appuis budgétaires extérieurs.
Cette troisième Rencontre Annuelle des Services du Trésor apparaît ainsi comme une plateforme stratégique de réflexion et d’échanges pour consolider les acquis, moderniser davantage les outils de gestion publique et renforcer la capacité de l’État à répondre efficacement aux besoins de financement du développement national.
M Binaté