Mali : les revendeurs d’essence en bouteille plaident pour leur reconnaissance et dénoncent les difficultés du secteur

L’Association des revendeurs d’essence en bouteille du Mali a tenu le 12 juillet 2026, une conférence de presse ce dimanche au siège de l’Association des jeunes pour le développement, à Boulkassombougou. Face aux journalistes, les responsables de cette jeune organisation ont présenté leurs ambitions, exposé les difficultés auxquelles leurs membres sont confrontés et lancé un appel aux autorités pour une meilleure reconnaissance de leur activité.

Créée le 28 juin 2026, l’association se fixe pour mission de défendre les intérêts des revendeurs d’essence en bouteille tout en contribuant à l’organisation d’un secteur largement dominé par l’informel. Son président, Abdoulaye Sidaty, a expliqué que cette initiative vise à structurer la profession et à en faire un véritable partenaire de l’État.
« Nous voulons sortir du secteur informel pour intégrer le secteur formel, payer nos impôts et nos taxes, et contribuer au développement du pays », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’association est une organisation à but non lucratif dont les objectifs dépassent la simple défense corporatiste. Elle entend également lutter contre les pratiques spéculatives de certains opérateurs qui vendent le carburant à des prix excessifs, particulièrement en période de tension sur le marché.
Le président de l’association estime que les revendeurs d’essence en bouteille jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement des populations, notamment dans les quartiers où les stations-service sont éloignées ou en période de pénurie.
« Nous facilitons l’accès au carburant pour les citoyens. Nous travaillons jour et nuit pour servir la population », a-t-il affirmé, estimant que cette activité constitue avant tout un service de proximité.
Des arrestations dénoncées
L’essentiel de la conférence de presse a porté sur les difficultés rencontrées par les revendeurs sur le terrain. Les responsables de l’association dénoncent notamment les interpellations répétées de leurs membres par certains agents de sécurité.
Selon Abdoulaye Sidaty, plusieurs revendeurs seraient régulièrement conduits dans des commissariats, placés en garde à vue et assimilés à des délinquants, sans qu’aucun texte juridique ne leur soit présenté pour justifier ces mesures.
« Nous sommes parfois traités comme des trafiquants alors que nous exerçons une activité commerciale destinée à servir la population », a regretté le président de l’association, qui dénonce ce qu’il qualifie d’abus de pouvoir de la part de certains agents.
Tout en précisant qu’il ne met pas en cause l’ensemble des forces de l’ordre, il appelle les autorités compétentes à clarifier le cadre juridique de cette activité afin de mettre fin aux incompréhensions.
Un appel à la formalisation du secteur
Au-delà des difficultés sécuritaires, l’association plaide pour une meilleure organisation de la distribution du carburant. Ses responsables souhaitent être officiellement recensés et reconnus par les pouvoirs publics afin de participer à un système de distribution plus encadré.
Selon eux, cette formalisation permettrait non seulement de sécuriser leur activité, mais aussi de lutter contre les pratiques de stockage spéculatif du carburant qui favorisent les pénuries artificielles et la flambée des prix.
Les responsables estiment également qu’une meilleure organisation de la filière pourrait limiter les circuits clandestins d’approvisionnement en carburant, tout en renforçant la disponibilité du produit pour les populations.
Un appel aux autorités
À travers cette première sortie médiatique, l’Association des revendeurs d’essence en bouteille du Mali souhaite attirer l’attention des autorités sur les réalités vécues par les acteurs du secteur.
Elle demande l’ouverture d’un dialogue avec les services compétents afin de définir un cadre légal permettant aux revendeurs d’exercer leur activité dans des conditions plus sécurisées et conformes à la réglementation.
Pour ses dirigeants, la reconnaissance officielle de leur profession constituerait une avancée importante, aussi bien pour les revendeurs que pour les consommateurs et les finances publiques, grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale.
Cette conférence de presse marque ainsi le début d’une démarche que l’association espère constructive, dans l’objectif de faire reconnaître le rôle des revendeurs d’essence en bouteille dans la chaîne de distribution du carburant au Mali, tout en appelant à une meilleure régulation du secteur.
IB