CIGEM : les coulisses de la stratégie migratoire malienne

Invité de l’émission « L’Invité de la semaine » sur l’ORTM, le Directeur général du Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM), Dr Aboubacrine Aguissa, a levé le voile sur les orientations stratégiques du Mali en matière de migration, entre encadrement des flux et lutte contre les dérives de l’irrégularité.
Créé en 2008 dans le sillage de la Déclaration de Rabat, le CIGEM s’est progressivement imposé comme un pilier de la politique migratoire malienne. D’abord conçu comme un projet, il a été érigé en 2019 en observatoire national des migrations, avec pour mission de produire des données fiables, d’éclairer la prise de décision et de renforcer les capacités des acteurs impliqués.
Face à une mobilité humaine qu’il qualifie d’« inhérente à la nature humaine », Dr Aguissa a insisté sur un principe clé : il ne s’agit pas de freiner la migration, mais de mieux l’organiser. Une approche qui privilégie la migration régulière, dans le respect des cadres juridiques des pays de départ, de transit et de destination.
Dans un contexte marqué par les drames liés à la migration irrégulière, le Directeur général du CIGEM a lancé un avertissement sans détour. Désert, mer, réseaux criminels : les dangers sont multiples et souvent mortels. « La migration irrégulière expose les candidats à des risques majeurs et compromet leur dignité », a-t-il rappelé, plaidant pour un renforcement des actions de sensibilisation.
Au cœur de cette stratégie figure la promotion d’une migration « sûre, ordonnée et régulière », des concepts désormais centraux dans les politiques migratoires internationales. Objectif : garantir la sécurité des migrants, préserver leur dignité et renforcer la coopération entre États afin de réduire les tragédies humaines.
Le Mali s’inscrit pleinement dans cette dynamique à travers son engagement au Pacte mondial pour les migrations, adopté en 2018 à Marrakech. Mieux encore, le pays figure parmi les « pays champions » de ce cadre international, un statut qui traduit son volontarisme et son implication dans la mise en œuvre des 23 objectifs du pacte.
« Ce n’est pas une récompense, mais une responsabilité », a précisé Dr Aguissa. À ce titre, le Mali élabore régulièrement des rapports pour évaluer ses progrès, partager ses bonnes pratiques et contribuer à une gouvernance mondiale plus efficace des migrations.
À travers cette intervention télévisée, le patron du CIGEM dessine ainsi les contours d’une politique migratoire ambitieuse : mieux comprendre pour mieux agir, encadrer pour protéger, et coopérer pour anticiper. Un défi de taille pour un pays au cœur des dynamiques migratoires en Afrique de l’Ouest.
Issoufi MAIGA