Reprise d’entraînement corps à corps : le champion de Marrakech relance l’espoir malien

L’atmosphère était à la fois studieuse et déterminée, ce jeudi 17 février 2026, au Centre de formation technique de Quinzambougou. Après plusieurs semaines d’interruption, les tatamis ont retrouvé leur dynamisme sous les pas des jeunes athlètes venus reprendre les entraînements. À leurs côtés, un encadreur au parcours singulier de par le monde : Dmitry Ott, champion de Marrakech en combat corps à corps.
Originaire de Revda, petite ville située près des montagnes de l’Oural en Russie, Dmitry Ott incarne une réussite construite sur l’effort et la persévérance. Issu d’un milieu modeste, il découvre le combat corps à corps dès l’adolescence grâce à des cours gratuits organisés dans son école. Une opportunité décisive qui révèle rapidement son potentiel.
Après six mois seulement d’entraînement, il est repéré et rejoint un groupe de sportifs plus expérimentés dans la ville voisine. L’intégration est difficile. Considéré comme un « garçon du village » face aux jeunes citadins, il doit faire ses preuves. Il choisit la voie du travail et de la discipline.
Les résultats suivent. Il s’impose d’abord au niveau municipal, puis régional, jusqu’à obtenir le titre de candidat maître du sport. Après son service militaire, il poursuit sa progression et décroche le prestigieux titre de maître du sport, confirmant ainsi une ascension bâtie sur la constance et la rigueur.
Un parcours militaire et sportif d’excellence
Diplômé en droit avant son incorporation, Dmitry Ott intègre la 24ème brigade spéciale de Novossibirsk, unité d’élite des forces spéciales russes. Refusant une affectation plus confortable dans une section sportive, il opte pour un service opérationnel exigeant.
Au sein de l’armée, il gravit les échelons jusqu’au grade de sergent subalterne et occupe la fonction de chef de section. Il reçoit la distinction de « guerrier-sportif » et est honoré devant le drapeau de son unité pour son engagement et ses performances.
En tant qu’entraîneur, son travail vise à préserver et adapter les méthodes de combat traditionnel Russe aux exigences contemporaine.
Parallèlement, son palmarès s’enrichit : champion de l’Oural, vainqueur de la Coupe de l’Eurasie, plusieurs podiums nationaux. En septembre 2025, lors du premier championnat ouvert d’Afrique de combat corps à corps organisé à Marrakech, il décroche la médaille d’or. Ce sacre continental lui vaut également le titre de maître de combat corps à corps ainsi que la ceinture noire.
En 2025, un nouveau défi s’offre à lui. Dmitry Ott accepte une mission au Mali afin de contribuer au développement du combat corps à corps. Son ambition ne se limite pas aux performances individuelles. Il entend structurer la discipline et transmettre son expertise à la jeunesse malienne.
La reprise des entraînements à Quinzambougou marque ainsi le lancement d’un projet plus large : poser les bases d’une future équipe nationale capable de représenter le Mali dans les compétitions africaines et internationales.
« L’objectif est de créer une véritable équipe nationale capable de représenter dignement le Mali dans les championnats africains et mondiaux », souligne le technicien.
Pour l’heure, la sélection demeure ouverte. Les séances permettront d’évaluer les athlètes sur les plans technique, physique et mental. « Nous sommes dans une phase de formation. Nous observerons, nous analyserons les performances et nous retiendrons les plus méritants », précise-t-il.
Au-delà des titres et des ambitions internationales, Dmitry Ott insiste sur les valeurs fondamentales du sport : discipline, respect et engagement. L’adhésion aux entraînements demeure gratuite, un choix assumé pour favoriser l’accès des jeunes à la pratique sportive.
Il exhorte les athlètes à la régularité, au sérieux et au respect des encadreurs. Pour lui, le combat corps à corps n’est pas seulement une discipline sportive, mais une véritable école de vie, capable de forger le caractère et de préparer les jeunes aux responsabilités futures.
Au Centre de formation technique de Quinzambougou, cette reprise des entraînements sonne comme un nouveau départ. Entre exigence technique et détermination malienne, le combat corps à corps pourrait bien ouvrir une page prometteuse dans l’histoire du sport national.
Binaté I