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Humburi Garhaye Zanio : Le « Galou » Songhoy fait trembler Bamako pour la paix

Le Mémorial Modibo Keïta a vibré, les 14 et 15 février 2026, au rythme de la 2ème édition des journées culturelles de Hombori (Humburi Garhaye Zanio). Placé sous le signe du « Galou », cet événement a transformé la capitale en un carrefour de l’identité Songhoy, rappelant que le patrimoine reste le levier essentiel de la cohésion sociale au Mali…

Sous l’égide du cadre de TILBI des jeunes de Hombori et le haut parrainage de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, cette édition a réuni un parterre de personnalités, des leaders religieux aux représentants de la communauté Ginna Dogon.

En ouvrant les festivités, Mme Bagayoko Aminata Sanogo, représentante de la mairie de la Commune III, a d’emblée posé le triptyque fondateur de l’événement : « patrimoine, paix et développement ». Pour elle, la prospérité malienne ne peut s’épanouir sans une valorisation rigoureuse de ses racines.

Prenant la parole, le hombori koy, Issa Balobo Maïga a salué les personnalités présentes. Il a souligné l’honneur que représente cet événement pour la communauté homborienne. Il a rappelé que la culture est le « ciment » qui unit le peuple. Et a exhorté les jeunes à ne pas oublier leurs racines face à la mondialisation. Il les a invité à être des « ambassadeurs » de leurs traditions.

Le « Galou » ou l’éveil d’une puissance historique

Le cœur de cette édition reposait sur le concept de « Galou ». Comme l’a brillamment exposé le Dr Abdourouph Amadou Saggayar lors de sa conférence inaugurale, ce terme renvoie aux racines mystiques et guerrières de Hombori.

Ancienne capitale de la dynastie des Sonni, la cité nichée au cœur de montagnes imprenables fut le verrou défensif de l’Empire Songhoy. En rappelant ce prestige historique (Tarikh), le conférencier a souligné que Hombori n’est pas qu’un vestige du passé, mais un symbole vivant de résilience face aux défis contemporains.

Cet appel à la mémoire a été relayé par le parrain, Ousmane Issoufi Maïga. Pour l’ancien Premier ministre, Hombori est le « pivot » de la culture Songhoy, un trait d’union géographique et historique liant le Mali au Niger, au Nigeria et au Bénin. Il a exhorté chaque Malien à une « union sacrée » pour retrouver la sérénité nécessaire au développement.

La tradition comme « lubrifiant social »
L’un des moments forts de ces journées fut l’intervention de l’anthropologue Hamidou Ganaba sur les civilités en milieu Songhoy. Qualifiant la salutation de véritable « lubrifiant social », il a plaidé pour que ces rituels — du respect des aînés à la symbolique vestimentaire — ne soient pas perçus comme des archaïsmes, mais comme des outils modernes de médiation et de paix.

Cette volonté de préservation s’est également étendue à l’architecture. Le Dr Abdoulaye Touré a alerté l’assistance sur les dangers d’une modernisation mal maîtrisée de l’habitat. En prenant l’exemple de l’habitat originel de Hombori-Béné, il a démontré l’intelligence climatique des bâtisseurs anciens, plaidant pour une sauvegarde de ce savoir-faire face au bétonnage aveugle qui a déjà fragilisé le patrimoine de cités comme Mopti.

Un modèle économique pour demain

Enfin, ces journées ont prouvé que la culture est aussi un moteur de croissance. Aminata Hamadoun Maïga d8te Woyekasso a exploré les pistes de transformation de l’artisanat local (tissage, poterie) en un modèle économique pérenne. En revalorisant ces métiers, Hombori entend freiner l’exode rural et offrir une alternative écologique à l’industrie, réconciliant ainsi identité sociale et respect de l’environnement.

En alliant arts traditionnels, recherche scientifique et dialogue intercommunautaire, lle cadre TILBI des jeunes de Hombori a réussi son pari : faire de la diversité culturelle non pas une source de division, mais un moteur d’unité nationale.

La publication prochaine des actes de ces journées devrait permettre de transmettre ce précieux travail de mémoire aux générations futures.
La première partie de la cérémonie s’est achevée par une dégustation de spécialités culinaires homboriennes.

Il est à noter que Hombori est un des cercles de la région de Douentza, au cœur de la zone saharienne. La ville est célèbre pour ses monts rocheux, dont le Hombori Tondo, point culminant du Mali, à 1 155 mètres d’altitude, prolongeant la falaise de Bandiagara.

Aissetou Cissé

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