PRAPS-2 au Mali : un taux d’exécution de 82 % et des impacts tangibles sur les revenus pastoraux

Sous la présidence du ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, le Comité d’Orientation et de Pilotage du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS-2 Mali) a tenu ce jeudi, 20 novembre 2025, sa 5ᵉ session. Réunis dans la salle de conférence du Projet, le coordinateur national, Moussa Coulibaly, les partenaires techniques ainsi que les acteurs clés du pastoralisme ont fait le point sur l’état d’avancement d’une initiative qui confirme, chiffres à l’appui, son rôle moteur dans la résilience pastorale au Mali.
D’emblée, le ministre Youba Ba a rappelé les défis réels auxquels le projet continue de faire face : insécurité persistante dans plusieurs zones rurales, difficultés d’accès aux sites d’aménagement, retards dans la mise en œuvre des infrastructures hydrauliques, ou encore délocalisation de zones pastorales à fort potentiel fourrager.
Malgré ces contraintes majeures, le PRAPS-2 affiche au 31 octobre 2025 des performances solides et encourageantes, à savoir :
82,36 % de taux d’exécution physique, 91,45 % de taux d’exécution financière.

Des résultats qui illustrent l’efficacité du PRAPS-2
Plusieurs indicateurs clés démontrent la montée en puissance du projet. Parmi eux :
Couverture vaccinale contre la PPCB : 71,34 %, soit 95 % de la cible annuelle fixée à 75 %.
Gestion durable des terres (ODP#3) : 1 169 000 ha déjà aménagés, représentant 90 % de la cible finale.
Augmentation des revenus pastoraux (ODP#4) : les enquêtes du CIRAD font état d’une hausse moyenne de 52,1 % depuis la Déclaration de Nouakchott de 2013.
Sur les 18 indicateurs suivis, 7 ont déjà atteint leur cible finale, 9 se situent entre 60 % et 95 %,seuls 2 restent en dessous de 50 %.
Pour le ministre, ces performances témoignent de « la vitalité du projet et de la détermination du Gouvernement et de ses partenaires à bâtir un pastoralisme durable, résilient et créateur de valeur ».
Un financement additionnel pour consolider les acquis

La revue à mi-parcours, réalisée en mai 2025, a permis d’identifier les défis restants, en particulier dans la lutte contre la Peste des Petits Ruminants (PPR). Sur cette base, une requête de financement additionnel a été soumise au ministère de l’Économie et des Finances.
Ce financement vise à : accélérer l’éradication de la PPR d’ici 2030, via la vaccination et le marquage de 81 millions de petits ruminants ; sécuriser et aménager davantage les espaces pastoraux, tout en renforçant la gestion concertée des ressources naturelles ; structurer la filière laitière en zones périurbaines, dans un contexte de forte croissance de la production soutenue par l’insémination artificielle (notamment via le PADEL-M) ; construire des marchés à bétail modernes et sécurisés autour de Bamako pour remplacer les marchés délocalisés.
Un engagement politique réaffirmé
Le ministre Youba Ba est revenu sur les engagements pris lors de la rencontre « Nouakchott +10 » des 6-8 novembre 2024, soulignant les perspectives favorables pour la transformation du pastoralisme au Mali.
Il a salué la vision stratégique et le soutien constant du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, dont l’impulsion politique demeure déterminante pour la réussite du PRAPS-2 et des initiatives connexes.
À travers ce projet, le Mali confirme sa volonté de moderniser son pastoralisme, renforcer la sécurité alimentaire, améliorer les revenus des ménages ruraux et contribuer à la stabilité du Sahel. Le ministre a également exprimé la gratitude du Gouvernement à la Banque mondiale, partenaire essentiel du sous-secteur de l’élevage.
Le PRAPS-2, à travers un niveau d’exécution particulièrement élevé et des résultats déjà visibles sur le terrain, s’impose aujourd’hui comme l’un des leviers les plus efficaces pour soutenir le pastoralisme malien et renforcer la résilience des communautés face aux crises climatiques et sécuritaires.