Journée internationale de l’enfant africain : Le SAMUSOCIAL MALI a assisté plus de 2400 enfants vivent dans la rue à Bamako en 2024

À l’occasion de la 34ᵉ édition de la Journée internationale de l’enfant africain, le SAMUSOCIAL Mali, en partenariat avec le COMADE, a tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur le sort préoccupant des enfants et jeunes vivant en rue (EJVR), victimes d’exclusion sociale, de violences et de graves violations de leurs droits. C’était le 16 juin 2025 à la Maison de la Presse.
Une réalité inquiétante
La conférence, animée par M. Alou Coulibaly, Directeur général du SAMUSOCIAL Mali, a été centrée sur le thème : « Les réalités du phénomène des enfants et jeunes vivant en rue et les violences et violations de droits dont ils sont victimes. ». Elle a été marquée par une échanges fructueux avec les hommes de médias qui a permis de formuler des recommandations et des interventions des victimes dont SAMUSOCIAL Mali ont aidés.

Vue de la Salle
« Cette journée est une occasion de sensibilisation et de plaidoyer pour attirer l’attention sur les atteintes graves aux droits des enfants en Afrique, et d’appeler à une action urgente et coordonnée », a déclaré M. Coulibaly.
Selon l’UNICEF, plus de 120 millions d’enfants vivent dans les rues dans le monde, dont 30 millions en Afrique. À Bamako seulement, SAMUSOCIAL Mali estime que plus de 10 000 enfants vivent en situation de rue. Rien qu’en 2024, 2 437 enfants et jeunes ont été pris en charge dans la capitale et ses environs.
Origines et impacts de l’errance
Selon lui, les causes de cette situation sont multiples : violences familiales, abus, négligence, extrême pauvreté, exploitation ou encore conflits communautaires. La plupart de ces enfants, âgés de 12 à 24 ans, sont originaires de Bamako, des régions du pays et des pays voisins comme le Burkina Faso, la Guinée et la Côte d’Ivoire.
Des conditions de vie inhumaines
Il a affirmé que les enfants vivant en rue subissent des conditions de vie d’une extrême précarité : Stigmatisation sociale : considérés comme délinquants, ils font face au rejet et à la marginalisation.
Violences et risques sanitaires : agressions, infections, VIH/Sida, blessures, viols. 96 % des filles sont victimes ou menacées de violences sexuelles.
Dépendance aux drogues : 8 enfants sur 10 consomment régulièrement des substances psychoactives.
Exploitation sexuelle : particulièrement les filles et jeunes mères contraintes à la prostitution de survie.
Les chiffres données par le DG du SAMUSOCIAL Mali révèlent également une violation flagrante de leurs droits, d’où : 83 % affirment être traités différemment des autres enfants ; 85 % estiment ne pas être protégés contre les violences ; 73 % disent ne pas avoir accès à l’éducation.

L’engagement du SAMUSOCIAL Mali
Pour faire face à cette situation, il a déclaré que depuis sa création en 2001, le SAMUSOCIAL Mali déploie une approche globale basée sur trois piliers : intervention mobile, insertion socioprofessionnelle et centre d’hébergement d’urgence.
Intervention mobile
Des équipes spécialisées sillonnent quotidiennement Bamako pour fournir : soins médicaux (1 628 cas en 2024), accompagnement psychosocial, orientation vers des structures partenaires (620 référencements médicaux), dépistages VIH (141 cas), mises à l’abri d’urgence (230 cas), prise en charge de violences basées sur le genre (17 cas).
Une équipe spéciale s’occupe également des jeunes filles et mères avec leurs bébés, vivant en rue depuis 2004.
Insertion socioprofessionnelle
Lancé en 2016, ce programme a permis en 2024 : 83 formations professionnelles (dont 53 pour des filles et jeunes mères), 40 scolarisations, 121 actes de naissance délivrés, 180 retours en famille.
Centre d’hébergement d’urgence (CHUSIP)
Mis en place en 2024, ce centre accueille les enfants les plus vulnérables : malades chroniques, filles enceintes, mineurs isolés, etc.
Une responsabilité collective
Coulibaly a salué le soutien des autorités (ministères concernés, mairie du District), de la société civile et de partenaires internationaux tels que l’Union européenne, la Coopération Monégasque et la Fondation Mérieux.
Cependant, il a aussi exprimé les difficultés structurelles que traverse l’organisation, accentuées par la crise multidimensionnelle au Mali : manques financiers, insuffisance de ressources humaines et problème d’infrastructure qui limite le champ d’intervention.
« Cette situation nous interpelle tous. Il est urgent de bâtir des stratégies globales pour garantir à ces enfants les mêmes droits que tous les autres », a-t-il conclu.
Des recommandations concrètes
Prenant la parole à son tour, M. Bagayoko, secrétaire aux relations publiques de la Coalition Malienne des Droits des Enfants (CMDE), ainsi que son président, ont formulé plusieurs recommandations, notamment : l’élaboration d’une base statistique nationale sur les enfants en détresse, l’extension des interventions du SAMUSOCIAL Mali à la région de San, la création d’un nouveau programme « Massa Nioumaya » et la mise en place d’un prix spécial de journalisme et communication sur les droits de l’enfant.
Un acteur clé pour la dignité des enfants
À travers cette conférence, le SAMUSOCIAL Mali a réaffirmé son rôle central dans la protection de l’enfance au Mali. Par ses actions concrètes et son plaidoyer permanent, l’organisation se positionne comme un acteur majeur des droits humains, œuvrant sans relâche pour redonner espoir et dignité aux enfants et jeunes en situation de rue.
Binaté