LA REUNION DE LA CMC : 17,15 % de la population menacé d’insécurité alimentaire
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Fortifié les stratégies salvatrices de luttes contre l’insécurité alimentaire à travers la formulation des recommandations était au cœur de la session ordinaire de la Commission Mixte de Concertation (CMC). C’était le 18 FEVRIER 2025, sous la présidence du Ministre secrétaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Mohamed Ali Ag.
En guise de rappel, la Commission mixte est une instance statutaire du Dispositif National de Sécurité Alimentaire. Elle se réunit généralement deux fois par an, ou selon les besoins, sur la base d’un ordre du jour élaboré par le Secrétaire Technique et Financier (STF) du DNSA. La CMC a pour rôle principal de formuler des recommandations visant à améliorer la gestion de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ses principales missions sont de suivre la situation alimentaire, d’approuver le Plan National de Réponses (PNR), d’examiner les mesures face aux crises, de contrôle l’utilisation des appuis et de coordonner les interventions à court terme via son comité technique.
D’entré en jeu le ministre a déclaré que la présente session constitue un cadre de concertation entre l’État et les Partenaires Techniques et Financiers sur les questions de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il a montré que les recommandations issues du bilan du PNR 2024 serviront de base solide pour orienter leurs échanges autour de la programmation des activités du PNR 2025.
Le Chef du département du commissariat à la sécurité alimentaire a rappelé que « l’année 2024 a été caractérisée par une pluviométrie excédentaire provoquant des inondations avec des conséquences désastreuses dans l’ensemble du pays ».
Face aux problèmes d’inondations, il a fait savoir que « le CSA, aux côtés des autres actes a mobilisé tous les moyens à sa portée et a diversifié les réponses pour venir en aide aux victimes ».
Les difficultés rencontrées
En plus, en dépit de cette pluviométrie abondante et des crues occasion quelques difficultés ont été relevées, notamment la mauvaise répartition temporelle courant juin et juillet, des contraintes d’accès aux intrants minéral, une insécurité persistante dans certaines régions.
Une situation inquiétante propre aux réalités du pays
En ce qui concerne le pronostic provisoire du Système d’Alerte Précoce (SAP), sur l’évaluation de la situation alimentaire, le ministre a fait savoir que : « 04 cercle en urgence (Ménaka, Kidal, Abeïbara et Tin Essako); 07 cercles en phase crise (Douentza, Gao, Tombouctou, Goundam, Ansongo, Bourem et Tessalit); 19 cercles sont sous-pression (Ségou, Macina, Mopti, Bandiagara, Bankass, Djenné, Koro, Ténenkou, Youwarou, Diré, Gourma Rharous, Niafunké, Taoudenni et toutes les 06 Communes du District de Bamako); et 26 cercles sont en phase minimale ». Or, la production céréalière prévisionnelle du Mali est estimée à 11 032 305 tonnes.
Par ailleurs, Redouwane Mohamed Ali Ag a montré que le nombre de personnes en situation de crise (phases 3 et 4) est estimé à 1 470 114, soit 6,25% de la population totale, dont 100 941 (0,43%) en situation d’urgence et 1 369 173 (5,82%) en crise. 4 034 577 personnes, représentant 17,15 % de la population, pourraient se retrouver en situation de stress alimentaire.
En guise de justification, M. Redouwane Mohamed Ali Ag a affirmé que cette situation d’urgence et de crise est principalement due à l’insécurité, aux inondations majeures touchant plusieurs régions, aux déplacements inhabituels de populations ainsi qu’aux perturbations des activités socio-économiques entraînant une détérioration des moyens de subsistance.
Pour assurer une gestion efficace de cette situation humanitaire, il est essentiel que toutes les interventions des différents acteurs (Système des Nations unies, ambassades, organisations non gouvernementales, etc.) soient coordonnées par le gouvernement afin d’optimiser leur impact.
De grandes innovations pour relever les défis
Au niveau du DNSA, les réformes se poursuivent et portent plus particulièrement sur le ciblage précis des bénéficiaires des aides, le renforcement de la gouvernance, la planification conjointe des activités, l’implication des acteurs au niveau régional, l’amélioration de la gestion des stocks nationaux, le renforcement du mécanisme de suivi-évaluation, le plan d’actions de renforcement des capacités du DNSA initié par le Commissariat à la sécurité alimentaire en vue de consolider les acquis, dixit le ministre.
Il a évoqué, toujours dans cet élan des réformes, la création de l’Agence de Veille et d’Alerte en Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (AVASAN). Elle est dérivée de la fusion du Système d’Alerte Précoce et l’Observatoire des Marchés Agricoles.
Il a salué la mise en place de la « Facilité Alimentaire Malienne (FAM) » qu’il a certifié de « instrument novateur dans l’histoire de notre Dispositif National de Sécurité Alimentaire mis en œuvre pour accroitre la flexibilité et l’efficacité des interventions en matière de sécurité alimentaire, des actions de résilience ou de renforcement des moyens d’existence ».
Il a rappelé que, l’ensemble de ces réformes s’inscrivent entièrement dans l’esprit du protocole d’accord conclu il y déjà 10 ans entre l’Etat et les Partenaires a Techniques et Financiers.
En d’autres termes, il a déploré la non opérationnalisation du Fonds Commun des Partenaires (FCP), un instrument qui constitue un levier important dans l’accompagnement du relèvement et du renforcement de la résilience des populations, demeure à présent une préoccupation majeure.
En guise de conclusion, il a salué l’engagement de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État, à faire de la sécurité alimentaire une priorité nationale, et à déployer tous les efforts pour mobiliser les ressources financières à travers le budget national et l’ensemble de nos partenaires techniques et financiers pour votre constance à nos côtés en vue de relever les défis majeurs du développement et renforcer la résilience des populations rurales face à la vulnérabilité et à la pauvreté.
Briinho