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Seydou Camara lors de l’interview du Master Class : «Tout le monde a un appareil photo mais tout le monde n’est pas photographe »

À la veille du plus grand master class de l’année organisé au Mali, les initiateurs nous ont accordé une interview.

Bonjour monsieur, veuillez-vous présenter aux lecteurs du journal le Dénicheur ?

« Bonjour, je me nomme Seydou Camara. Je suis artiste Photographe, le directeur artistique de Yamarou Photo. J’étais le directeur artistique de l’inter-biennal et ex-président de Photo-Art Mali. »

Une technique d’expression impeccable et d’énormes qualités, quelle est votre source de motivation à choisir ce métier ?

« Depuis le bas âge, je suis un passionné de l’art. J’ai aimé ce métier, l’art, en général et la photographies en particulier.»

Que veut dire Yamarou Photo ?

« Le mots Yamarou est un nom historique qui vient de la langue Mandingue. C’est le surnom donné au petit frère de Soundjata Keïta Mandé Boukary pour sa créativité. Il a créé beaucoup d’instruments et pas de danse. Yamarou veut dire celui qui crée tous les jours. D’où  » mogo mi bé Ko coura kè longo do » a-t-il certifié en bambara. Donc nous on a pris le mot Yamarou plus photo donc si tu es à Yamarou Photo, tu es habilité à créer autrement et à voir autrement. »

Pourquoi l’avez-vous créer ?

« Le Mali est un pays de lumière, un pays où tu trouves les gens dehors comme à l’intérieur et un pays de la photographie. Le Mali est comme la capitale de la photographie en Afrique. Parce que on a une rencontre internationale de la photographie qui se ici chaque deux ans qui a été créée depuis 1994. Tous les grands photographes ont commencé à être vu à travers cette rencontre.

C’est le pays de Malick Sidibé, qui a eu le prix de Azen Black, le prix de Lion d’Or, le pays de Seydou Keïta, considéré comme l’un des plus grands photographes en Afrique ; le pays de Adama Kouyaté. C’est pour ne pas laisser ce noble métier qu’on a créé cette structure pour épanouir et s’épanouir à travers la photographie.

À l’image de la préservation des valeurs et du perfectionnement de ce noble métier, arler nous de ses objectifs, ses missions ?

« Qui dit la photographie dit la formation. Nous on apprend la photographie et formons les gens pour comment faire la photographie. Aujourd’hui tout le monde pense qu’il est photographe. Tout le monde a un appareil photo mais tout le monde n’est pas photographe. C’est très important. Tout le monde sait déclancher un appareil. Pour faire la photo, il faut savoir regarder, ici on apprend les gens comment regarder. On écoute en regardant puis on déclenche. En prenant la photo, on réfléchit à travers le cadrage, la lumière, la composition et le sujet qui est très important.

À Yamarou Photo, on apprend aux gens comment faire la photo en respectant les règles, les méthodes et techniques. L’objectif de Yamarou Photo est de faire la promotion de la photographie pas seulement au Mali mais en Afrique, faire la promotion de l’art à travers la photographie mais autrement. D’où son slogan  » regarder autrement « . Ici quand tu ne regardes pas autrement, tu n’es pas yamariste. Aujourd’hui, Yamarou c’est une philosophie, un concept, une idéologie, c’est le futurisme.

Yamarou est devenu aujourd’hui un repère, un endroit où on peut s’épanouir, où on peut apprendre l’art comme la photographie. C’est un lieu d’approche et d’échange entre les professionnels et apprenants et entre les différentes disciplines. C’est un collectif de garçons et filles qui essaie de mélanger notre art et la tradition et faire un point d’intersection entre la photographie contemporaine et notre culture et nos valeurs. Nous faisons la photographie autrement. Nous voulons montrer l’Afrique autrement. Car, l’Afrique ne s’arrête pas au Mali, au Niger, à l’injustice, à la famine et à la guerre. À travers notre art, nous voulons donner une autre image à l’Afrique et de donner un autre regard à l’Afrique, c’est ce que l’Afrique manque ».

Quelles sont ses missions ?

« Nos valeurs sont nos points de départ. C’est pourquoi dans nous avons des programmes comme : karanga qui est un master class entre les grands professionnels et les apprenants animé généralement les grandes personnalités de l’art; Yamarou Photo fait la formation des professionnels, de d’autres couches notamment les orphelins, les déplacés, les mendiants. On a un projet également dénommé album vacances qui consiste à former les enfants dans les quartiers périphériques de Bamako, des quartiers qui n’ont pas de galerie, musée et espace culturel. Nous les poussons parfois à les y découvrir; On a un projet renforcement de capacités qui est basé sur les formations de dizaines de photographes dans de différentes régions. L’édition 2024 s’est tenu à Kayes; Nous organisons des séances de formations sur l’intelligence artificielle (IA). Nous voulons avoir des réponses si l’IA va faire disparaitre la photographie. Nous faisons des recherches sur les possibilités de faire la photographie avec la peinture, avec le théâtre, avec le sable et avec la coopération des designers, comment mélanger la photographie avec le design. Yamarou Photo est aujourd’hui un laboratoire ».

En termes de perspectives, en plus de ce programme riche, nous avons appris que Yamarou Photo organise un master class. Parler nous de ce projet ?

« Nous avons aménagé Yann Derrick pour former les photographes, l’année dernière. Cette année c’est à dire le mardi le 2 juillet 2024, on a un grand master class qui sera animé par un grand écrivain qui s’appelle Chap Touré. Pour ce master, nous avons invité des femmes photographes émergentes dont une camerounaise, une nigérienne, une guinéenne et une burkinabé et beaucoup de Maliennes pour cinq jours. Il va leurs permettre d’échanger, de se connaître et d’apprendre au côté des maestros.

On a des panels qui seront animé par des professionnels comme Adama Traoré, Alou I N’Diaye de Blonba, Néné Konaté de Connexion, Akim Soul Deh et d’autres journalistes comme Thierry etc. »

Au menu de ces cinq jours que réserver vous aux amoureux de l’art de la photographie ?

« Le mardi 2 juillet c’est : Ouverture de la master class à la Maison Africaine de la Photographie, le jeudi 4 juillet : Journée au Complexe Blonba, le vendredi 5 juillet : Atelier à la Pirogue et samedi 6 juillet : Activités à AGANSI, suivies de la clôture à Yamarou Photo. En plus des jours d’arriver et départ ça va durer une semaine ».

Venez rencontrer nos talentueuses participantes à la Maison Africaine de la Photographie, Complexe Blonba, La Pirogue, AGANSI, Yamarou Photo. »

Quels sont les résultats attendus de cette rencontre internationale ?

« Il sera une opportunité pour les participantes. C’est là-bas quelles vont comprendre comment faire un porte-folio, traité un sujet, faire une série et comment découvrir d’autres artistes. C’est ça l’objectif de ce sujet ».

Comme mots de fin, quel message avez-vous à donner aux amoureux de ce métier ?

« La photographie n’est pas un métier banal et médiocre. Tout le monde n’est pas photographe. Pour être un bon photographe aujourd’hui, il faut que tu sois bien formé. La photographie c’est au-delà d’avoir un appareil photo où portable pour faire la photo. La photo est dans l’esprit, dans l’intelligence, c’est dans la recherche. Il faut forger ton regard et écouter ton sujet pour photographier. »

Ibrahim Binaté

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