15ème édition du Symposium national sur les droits de l’homme au Mali
‘’ Jusqu’à preuve du contraire, nous saluons le respect de l’indépendance de la CNDH par les autorités’’, dixit le président du CNDH

L’Ecole de Maintien de la Paix a abrité, du 11 au 12 décembre dernier à la tenue de la 15ème édition du Symposium national sur les droits de l’homme au Mali. L’ouverture à la quelle ont pris part le Colonel Souleymane SANGARE, Directeur Général, EMPABB, M. Aguibou BOUARE, Président, Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), M. Oswald PADONOU, Chef de Bureau DCAF- Mali, Mme Sonja KUIP, Chargée d’Affaires de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, était présidée par M. Ibrahim Ikassa MAIGA, Ministre de la Refondation de l’Etat, Chargé des Relations avec les Institutions.
L’objectif recherché de cette activité est de faire l’état des lieux de la situation des droits de l’Homme au Mali, de partager les bonnes pratiques et perspectives, à travers un regard croisé, pour le respect des droits humains, dans un contexte de crise multidimensionnelle.
Après les mots du directeur de l’Ecole de Maintien de la Paix, le président du CNDH en fin de mandat a fait savoir l’édition de cette année suit les autres mais ne leur ressemble pas.
Elle est la dernière de l’unique mandature de mon équipe et moi ; c’est en cela que la symbolique est forte, précise-t-il. Pour mémoire, au cours de cette mandature de 7 ans, l’Institution Nationale des droits de l’Homme du Mali a été portée, pour la première fois au statut le plus élevé des Institutions Nationales des Droits Humains, au plan mondial, le statut « A ».
A ses dires, une lutte contre l’impunité ne peut être efficace que lorsqu’elle est mise en œuvre par une justice indépendante, performante, impartiale dotée de moyens adéquats et s’élevant au dessus des contingences politiques. ,Quid du décernement systématique des mandats de dépôt contribuant au surpeuplement des maisons d’arrêt ? Quid de la lenteur excessive de certaines procédures judiciaires sachant que le droit à un procès équitable dans un délai raisonnable est un droit fondamental ?
Par ailleurs, la CNDH salue les efforts du Gouvernement pour la protection des droits de l’homme malgré le contexte sécuritaire volatile.
Aussi, poursuit-il ‘’je voudrais saluer les efforts des autorités dans l’accompagnement de l’Institution Nationale des Droits de l’Homme, dans l’accompagnement du Mécanisme National de Prévention de la Torture (MNP) et dans l’accompagnement du Mécanisme de protection des Défenseurs des Droits de l’Homme. Je veux parler de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, CNDH désormais auréolée du « Statut A » ! processus dans lequel le Gouvernement n’est pas resté en marge’’.
Selon le président du CNDH, jusqu’à preuve du contraire, nous saluons le respect de l’indépendance de la CNDH par les autorités en ce sens que nous ne recevons d’instruction dans la mise en œuvre de notre mandat.
Dans le même cadre, les communiqués officiels des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ne manquent de rappeler l’obligation de respecter les droits de l’Homme et le droit international humanitaire, et annoncent souvent l’ouverture d’enquêtes en cas d’allégations de violations ou d’abus des droits humains ; même si les résultats desdites enquêtes ne sont souvent ni connus ni publiés.
‘’Notre pays est confronté depuis une décennie à une crise multiforme d’une rare violence. Elle s’accompagne hélas d’atteintes au droit à la vie, à l’intégrité physique, à la sécurité. La pratique de l’esclavage par ascendance et ses manifestations violentes et attentatoires à la dignité humaine perdurent dans notre pays, avec une persistance dans les Régions de Kayes, Kita, Nioro et Nara’’, indique le président du CNDH.
Dans on intervention, il a signalé que la CNDH continue d’enregistrer de nombreuses plaintes relatives aux arrestations et détentions arbitraires ainsi que des allégations de disparition forcée. Des allégations d’atteintes à la présomption d’innocence, à la liberté d’expression et d’opinion sont également notifiées et dénoncées à l’Institution nationale des droits humains.
Il en est de même des plaintes relatives aux atteintes au droit à la vie privée, au secret de la correspondance, un droit constitutionnel, faut-il le rappeler ; mais aussi de nombreuses atteintes aux données à caractère personnel.
La CNDH lance un appel pressant aux Nations Unies, à l’Union Africaine, à la CEDEAO et aux organisations internationales dont le Mali est parti à continuer de soutenir notre pays malgré le départ de la mission onusienne. La protection des civils, l’assistance aux vulnérabilités et la protection des droits de l’Homme doivent demeurer au profit des populations, conformément à l’un des objectifs majeurs de toutes ces organisations internationales à savoir la promotion des droits humains.
B D