COMMUNAUTÉS DE L’AES AU SÉNÉGAL : LES MINISTRES À L’ÉCOUTE DES PRÉOCCUPATIONS DE LA DIASPORA

En marge du dialogue CEDEAO-AES à Dakar, les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont échangé avec leurs ressortissants sur les difficultés administratives, l’éducation, l’emploi et la valorisation des compétences. A l’occasion de cette première session de la réunion ministérielle consacrée au dialogue entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États du Sahel (AES), les ministres des Affaires étrangères des pays de l’AES ont rencontré, dimanche 18 octobre 2026 à Dakar, les communautés burkinabè, malienne et nigérienne vivant au Sénégal. La rencontre a réuni notamment le ministre malien des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, son homologue burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, ainsi que le ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré.
Les échanges ont porté sur plusieurs préoccupations des ressortissants des trois pays. Il s’agit notamment des difficultés liées à l’obtention des documents administratifs, des contraintes aux frontières, de la situation des ressortissants de l’AES travaillant au sein des institutions de la CEDEAO et de la valorisation des compétences de la diaspora. Les questions relatives à l’éducation et à l’harmonisation des frais de scolarité dans l’espace confédéral ont également été évoquées. La contribution des femmes à l’éducation des jeunes et à la préservation des valeurs socioculturelles a aussi retenu l’attention des participants.
Les présidents des hauts conseils des ressortissants des trois pays ont salué la disponibilité des autorités à écouter leurs préoccupations et ont réaffirmé leur adhésion à la dynamique confédérale.
De leur côté, les ministres ont apporté des éléments de réponse et réaffirmé leur volonté de renforcer l’accompagnement des ressortissants de l’AES établis à l’étranger.
Mossa Ag Attaher a particulièrement plaidé pour une coopération accrue entre les trois États en matière de gestion de la diaspora. Il a appelé au partage d’expériences et à la mutualisation des bonnes pratiques, afin que les dispositifs mis en place par chaque pays puissent bénéficier à l’ensemble de l’espace confédéral. Le ministre a notamment cité le programme TOKTEN, qui vise à mobiliser l’expertise des Maliens établis à l’extérieur au profit du développement national. À travers le transfert de compétences et de savoir-faire, ce dispositif intervient notamment dans l’enseignement, la santé, l’agriculture et les petites et moyennes entreprises. Il a invité les compatriotes désireux de contribuer au développement de leur pays à mettre à profit leurs compétences, leurs expériences et leurs réseaux professionnels. Les autorités, a-t-il assuré, restent disposées à examiner leurs propositions et à faciliter leur concrétisation. Une rencontre qui illustre la volonté affichée des pays de l’AES de placer leurs diasporas au cœur de leur dynamique de coopération. Avec leur expertise, leurs investissements et leur rôle dans le rapprochement entre les peuples, les communautés établies à l’étranger sont appelées à jouer un rôle accru dans le développement de l’espace confédéral.
Halima Maiga