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Brassage culturel russo-malien : « Mali ni Npogotiginin Ka Dugu Dakoronnen », un pont entre deux mémoires

La littérature et le brassage culturel russo-malien étaient au cœur d’une rencontre organisée ce vendredi 25 septembre 2026 au siège de l’Association La Perspective Sahélienne, à l’occasion du lancement du livre « Mali ni Npogotiginin Ka Dugu Dakoronnen », traduit en français sous le titre « L’hippopotame et la jeune fille et l’assiègement de la ville ».

Écrit en bambara, l’ouvrage raconte une histoire d’amitié entre une jeune fille et un hippopotame dans le contexte de l’assiègement de Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) durant la Seconde Guerre mondiale. Élaboré en Russie avec la contribution de plusieurs experts, dont le professeur Sidiki Coulibaly, le récit a ensuite été traduit et transcrit en bambara avec l’appui des experts de l’AMALAN.

À travers cette œuvre, les initiateurs entendent créer un trait d’union entre les cultures malienne et russe. Le récit présente notamment des similitudes avec le célèbre conte malien de Mali Sadio, tout en s’inscrivant dans un contexte historique russe marqué par l’assiègement de Leningrad, une période caractérisée par l’encerclement de la ville et les conditions extrêmement difficiles vécues par sa population.

Une histoire d’amitié et de résistance

Prenant la parole, le professeur Sidiki Coulibaly a insisté sur la portée culturelle et éducative de l’ouvrage. Selon lui, l’histoire met en lumière les valeurs d’amitié, de solidarité et d’attachement à la culture, tout en permettant au public malien de découvrir une page importante de l’histoire russe.

Il a également évoqué le rôle d’Artem Kourchev, rédacteur en chef d’African Initiative, dans la découverte de cette histoire et dans le processus ayant conduit à sa traduction en bambara, l’une des langues nationales les plus parlées au Mali.

Pour le professeur Coulibaly, cette initiative pourrait ouvrir la voie à de nouvelles collaborations entre institutions russes et maliennes, notamment dans la production de manuels modernes destinés à l’apprentissage et à la promotion des langues nationales.

L’AMALAN réaffirme son engagement

Adama Djonkolo Coulibaly, directeur général de l’AMALAN et professeur à l’Université Yambo Ouologuem, s’est félicité de la collaboration ayant permis la réalisation de l’ouvrage.

Il a présenté le récit comme un conte réel dont certains éléments rappellent Mali Sadio, avec toutefois une différence majeure : dans l’histoire russe, la jeune fille et l’hippopotame survivent aux événements.

Le responsable de l’AMALAN a réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner les initiatives visant à promouvoir, développer et moderniser les langues nationales du Mali.

Une initiative saluée

Présent lors de la cérémonie, l’honorable Fousseyni Ouattara, membre du Conseil national de transition, a salué l’initiative, particulièrement pour sa contribution à la valorisation des langues nationales et au rapprochement culturel entre le Mali et la Russie.

Au-delà du lancement d’un livre, « Mali ni Npogotiginin Ka Dugu Dakoronnen » apparaît ainsi comme une initiative de dialogue culturel et éducatif. En faisant voyager une histoire russe dans la langue bambara, ses promoteurs souhaitent rapprocher deux univers culturels et ouvrir de nouvelles perspectives de coopération autour du livre, de la littérature et des langues nationales.

Briinho

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