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Quand la diplomatie désarme les passions: la leçon magistrale du Premier ministre Abdoulaye Maïga

«Repousse le mal par ce qui est meilleur ; alors celui avec qui tu avais une animosité deviendra comme un ami chaleureux.» (Coran, Sourate Fussilat, 41:34). Cette injonction coranique rappelle une vérité intemporelle : la force ne réside pas seulement dans la capacité à résister, mais aussi dans l’intelligence de transformer les tensions en opportunités de paix….

Les circonstances peuvent être difficiles, les divergences profondes, mais demeurer éternellement dans la confrontation n’est ni une victoire politique, ni un idéal pour celui qui croit en Dieu et œuvre pour le bien de son peuple.

La diplomatie est précisément cet art noble qui consiste à défendre son pays avec fermeté lorsqu’il le faut, tout en sachant tendre la main lorsque l’intérêt supérieur de la Nation l’exige.

Comme le dit une maxime diplomatique : «Le véritable homme d’État n’est pas celui qui gagne toutes les batailles, mais celui qui sait transformer une victoire en paix durable au service de son peuple.»

L’intervention du Premier ministre malien, le Général Abdoulaye Maïga, restera sans doute comme une véritable leçon de diplomatie. Elle démontre qu’un responsable d’État n’existe pas pour satisfaire son ego, mais pour servir son pays. C’est cela, la loyauté : savoir s’effacer devant l’intérêt supérieur de la Nation, accepter les incompréhensions, supporter les critiques, mais ne jamais s’écarter de la mission confiée par le Chef de l’État.

En rappelant qu’il n’y a jamais eu de rupture des relations diplomatiques entre le Mali et l’Algérie, malgré les divergences apparues ces derniers mois, le Premier ministre a dissipé de nombreuses spéculations.

Avec calme et dignité, il a rappelé que la convergence retrouvée entre le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, et le Président Abdelmadjid Tebboune, repose sur deux principes, le respect de la souveraineté des États et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

Mais c’est un autre moment qui a profondément marqué les esprits. En établissant un parallèle entre les hymnes nationaux du Mali et de l’Algérie, le Premier ministre a montré que les deux peuples puisent leur identité dans une même culture du sacrifice, de la dignité et de la liberté.

Plus encore, lorsqu’il a récité en arabe un passage de l’hymne algérien, il a offert un geste d’une rare élégance diplomatique. Ce n’était pas un simple exercice de mémoire. C’était un message adressé directement au cœur du peuple algérien: celui du respect, de la fraternité et de la reconnaissance d’une histoire commune.

Peu de responsables politiques auraient pensé à utiliser un symbole aussi fort. Car les hymnes nationaux sont l’âme des peuples. Les citer, c’est honorer leur mémoire, leurs martyrs et leur combat pour l’indépendance. Défendre son pays n’a jamais été un crime. Bien au contraire. Le Mali défend sa souveraineté avec la même détermination que l’Algérie a défendu la sienne durant sa glorieuse guerre de libération.

C’est précisément cette similitude que le Premier ministre a voulu mettre en lumière. En quelques minutes, il a désarmé les discours de division. Il a rappelé que les désaccords entre États ne doivent jamais être confondus avec une hostilité entre les peuples.

Les relations internationales connaissent des périodes de tension, des négociations difficiles, des joutes verbales, mais la sagesse consiste toujours à préserver les ponts qui permettront demain de reconstruire la confiance.

Cette intervention constitue ainsi un véritable boom diplomatique. Elle a certainement touché le cœur de nombreux Maliens comme celui de nombreux Algériens.

Le Mali n’a jamais rejeté l’Algérie. Ce que réclame aujourd’hui le peuple malien, c’est le même respect de sa souveraineté que celui pour lequel le peuple algérien s’est héroïquement battu durant son histoire.

Nos deux nations partagent bien plus qu’une frontière de plus de 1 300 kilomètres. Elles partagent une mémoire, des sacrifices, des aspirations communes et une même volonté de vivre libres, dignes et souveraines.

On pourrait même dire, sans exagération, que le Mali et l’Algérie sont les mamelles d’une même vache nourrie par les valeurs de la dignité, de l’honneur et de la liberté.

Lorsque ces valeurs guideront durablement les relations entre Bamako et Alger, les divergences deviendront des épisodes passagers, tandis que l’amitié entre les deux peuples continuera de grandir.

Par son discours, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a rappelé une vérité fondamentale : la diplomatie n’est pas la faiblesse ; elle est la forme la plus élevée du patriotisme. Car il faut parfois beaucoup plus de courage pour reconstruire la paix que pour entretenir les conflits.

Ousmane Mohamed Touré

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