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Festival RT.Dok à Bamako : souveraineté, sécurité et coopération au centre des échanges

Le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a accueilli, mardi 16 juin 2026, une étape du Festival international de films documentaires « RT.Dok : Le Temps de nos Héros », un événement consacré à la projection de documentaires portant sur les conflits contemporains, la résilience des populations et les enjeux de souveraineté. Au-delà des projections, la rencontre a donné lieu à un panel d’échanges sur les défis sécuritaires actuels, avec un regard croisé sur les expériences du Mali et de la Russie.

Organisé dans le cadre d’un partenariat entre RT.Dok et African Initiative, l’événement a réuni plusieurs personnalités politiques, institutionnelles et culturelles. Parmi elles figuraient Mme Zeinabou N’Diaye, ancienne ministre des Transports et des Infrastructures, l’Honorable Aboubacar Sidick Fomba, président de la Commission Santé, Développement et Solidarité du Conseil national de transition (CNT), l’Honorable Boubacar Sidibé, réalisateur et membre du CNT, ainsi que des représentants de médias, d’organisations de la société civile et d’associations partenaires.

Présenté dans plusieurs pays à travers le monde, le festival met en avant des récits documentaires consacrés aux réalités vécues par les populations confrontées aux conflits armés. À Bamako, les organisateurs ont souligné leur volonté de favoriser le débat et la réflexion autour des questions de sécurité, de mémoire collective et de souveraineté des États.

Deux #documentaires au programme

Les participants ont assisté à la projection de deux films documentaires. Le premier, intitulé « Mali : Au revoir à la France », retrace l’évolution des relations entre le Mali et la France et aborde les débats liés à la présence militaire étrangère ainsi qu’aux aspirations souverainistes exprimées ces dernières années dans le pays.

Le second documentaire, « Je suis en vie », réalisé par Artem Somov et Olga Kiriy, donne la parole à des habitants de Marioupol touchés par le conflit en Ukraine. À travers plusieurs témoignages, le film revient sur les conséquences humaines de la guerre, les difficultés du quotidien et les mécanismes de solidarité développés par les populations civiles confrontées aux violences du conflit.

Un #panel consacré aux enjeux sécuritaires

À l’issue des projections, un panel d’échanges a réuni l’Honorable Aboubacar Sidick Fomba, l’Honorable Boubacar Sidibé et le correspondant de guerre de RT.Dok, Alexandre Kharchenko. Les discussions ont porté sur les défis sécuritaires auxquels sont confrontés plusieurs pays ainsi que sur les questions de souveraineté, de coopération internationale et de gestion des crises.

Prenant la parole, l’Honorable Aboubacar Sidick Fomba a livré son analyse de l’évolution de la situation sécuritaire au Mali. Revenant sur les interventions militaires étrangères qui se sont succédé dans le pays au cours de la dernière décennie, il a estimé que les résultats obtenus n’avaient pas répondu aux attentes d’une partie des populations maliennes en matière de lutte contre le terrorisme.

Selon lui, les opérations militaires menées dans le cadre de la coopération avec les partenaires occidentaux n’ont pas permis d’éradiquer durablement la menace sécuritaire. Le président de la Commission Santé, Développement et Solidarité du CNT a également estimé que ces dispositifs n’avaient pas suffisamment contribué au renforcement des capacités autonomes des Forces armées maliennes.

Abordant la coopération entre Bamako et Moscou, il a salué les progrès réalisés depuis le renforcement des relations entre les deux pays. Selon ses déclarations, cette coopération a permis au Mali de moderniser certains équipements militaires et d’accroître ses capacités opérationnelles.

« Les résultats sont aujourd’hui visibles et appréciables », a-t-il déclaré, soulignant les avancées enregistrées par les Forces armées maliennes dans plusieurs opérations de sécurisation menées sur le territoire national.

La nécessité de rapprocher les œuvres des populations

Intervenant à son tour, l’Honorable Boubacar Sidibé a salué la qualité technique et artistique des documentaires projetés. Professionnel du cinéma et de l’audiovisuel, il a toutefois insisté sur l’importance de rendre ces productions accessibles au plus grand nombre à travers leur traduction en langues nationales.

Selon lui, la diffusion de contenus documentaires dans des langues telles que le bambara permettrait d’élargir l’accès à l’information et de favoriser une meilleure appropriation des sujets abordés par les populations.

Pour sa part, Alexandre Kharchenko a expliqué que la vocation du festival est de mettre en lumière les réalités vécues par les populations touchées par les conflits et de favoriser les échanges autour des questions de paix, de souveraineté et de développement.

Un espace de réflexion sur les enjeux contemporains

Au-delà de sa dimension culturelle, l’étape bamakoise du Festival RT.Dok s’est imposée comme un cadre d’échanges sur les enjeux géopolitiques et sécuritaires contemporains. Les débats ont permis aux participants de confronter leurs analyses sur les questions d’indépendance nationale, de coopération internationale et de lutte contre l’insécurité.

À travers les projections et les discussions organisées au CICB, les participants ont également été invités à réfléchir au rôle du documentaire dans la compréhension des crises contemporaines et dans la préservation de la mémoire collective.

Camara M

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