Hippodrome rue : 479 porte : 12

Tél :

Tél : 89 89 02 22 / 93 03 54 31

Migration : le Mali veut passer à une stratégie coordonnée et humaine

À l’heure où les dynamiques migratoires redessinent les équilibres socio-économiques de l’Afrique de l’Ouest, les autorités maliennes entendent reprendre l’initiative. Ce Mercredi 15 avril 2026, à l’ouverture de l’atelier du comité de coordination du projet ouestaf, le directeur général du Centre d’information et de gestion de migration Dr Aboubacrine Aguissa a donné le ton : le Mali veut bâtir une gouvernance migratoire « concertée, inclusive et fondée sur les droits humains ».

Dans une allocution prononcée au nom du ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa AG Attaher, le responsable a insisté sur la nécessité d’une réponse collective face à un phénomène « incontournable ». « La migration est porteuse d’opportunités, mais elle expose également nos populations à des risques importants », a rappelé Dr AGUISSA, évoquant notamment la migration irrégulière, le trafic de migrants et la traite des êtres humains.

Pour Bamako, l’enjeu est clair : sortir d’une gestion dispersée des flux migratoires. « Plus nous sommes coordonnés, plus notre impact sera réel », a martelé le directeur général, plaidant pour une mobilisation accrue de l’ensemble des acteurs institutions publiques, partenaires techniques et société civile. Cette volonté s’est traduite par l’engagement d’un dialogue institutionnel entre le ministère et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). De cette concertation devrait bientôt émerger un plan d’action national sur la migration, présenté comme une étape décisive vers une politique « structurée, coordonnée et pilotée ».

Ouestaf, un cadre stratégique en construction


L’atelier du jour s’inscrit précisément dans cette dynamique. Le projet ouestaf, mis en œuvre avec l’appui de partenaires techniques tels que WeWorld et Wildaf Mali, se veut un espace de réflexion et d’harmonisation des réponses. Objectif : établir une lecture partagée de la situation migratoire nationale, identifier les bonnes pratiques, mais aussi pointer les défis majeurs. Les travaux doivent déboucher sur des recommandations concrètes et une feuille de route opérationnelle pour le comité de coordination.
Au-delà des considérations sécuritaires, souvent mises en avant dans les politiques migratoires, les autorités maliennes affichent une ambition plus large : replacer l’humain au cœur des dispositifs. « Renforcer la gouvernance migratoire, oui, mais dans le respect des droits fondamentaux », a insisté le directeur général, soulignant l’importance d’une approche inclusive qui tienne compte des vulnérabilités des migrants.


Dans un contexte régional marqué par des flux migratoires complexes et parfois dramatiques, le Mali tente ainsi de tracer une voie équilibrée entre maîtrise des mouvements et protection des personnes. Reste à savoir si cette ambition saura se traduire en actions concrètes sur le terrain.


Issoufi MAIGA

Retour en haut