Mali : hommage aux victimes de mars 1991 lors de la Journée des martyrs

Le Mali a commémoré ce jeudi 26 mars la Journée des martyrs, rendant hommage aux victimes des événements tragiques de mars 1991, qui ont marqué la chute du régime du président Moussa Traoré.
La cérémonie officielle s’est tenue au monument dédié aux martyrs, en présence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, de membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique ainsi que d’acteurs de la société civile.
Répondant aux questions des journalistes, M. Seydou Patrice Dembélé, secrétaire général de l’Amicale des anciens militants et sympathisants de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (AMS-UNEEM) est revenu sur les événements du « vendredi noir », évoquant des souvenirs marquants : « En 1991, lors du vendredi noir, je me trouvais à l’hôpital Gabriel Touré, jonché de morts. J’étais venu chercher de jeunes étudiants, craignant qu’ils figurent parmi les victimes », a-t-il témoigné, en référence à la violente répression des manifestations étudiantes.
Il a également souligné la portée symbolique du monument commémoratif, représentant une mère portant son enfant, en mémoire notamment des victimes civiles, dont une journaliste tuée lors des événements.
Au-delà du devoir de mémoire, Seydou Patrice Dembélé a appelé à la poursuite des luttes pour la souveraineté et la coopération régionale, évoquant l’importance de l’Alliance des États du Sahel (AES) comme perspective d’avenir pour le Mali et ses voisins.
La Journée des martyrs est célébrée chaque année le 26 mars pour honorer les victimes des manifestations populaires de 1991. À cette époque, un vaste mouvement de contestation, mené notamment par des étudiants, avait conduit à la chute du régime de Moussa Traoré, au pouvoir depuis 1968 après un coup d’État ayant renversé le président Modibo Keïta.
Le régime de Moussa Traoré, marqué par une forte répression des oppositions, a pris fin après plusieurs jours de manifestations violemment réprimées. L’intervention de militaires, conduits par Amadou Toumani Touré, avait alors précipité la transition politique.
Depuis, cette date est devenue un symbole de la lutte pour la démocratie et les libertés publiques au Mali.
André