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Festival du thé 2026 : à Bamako, la tradition devient moteur d’avenir

Le Musée national du Mali a vibré, 20 au 22 mars 2026, au rythme de la troisième édition du Festival du thé. Point d’orgue de cette rencontre culturelle devenue incontournable. La cérémonie officielle de lancement tenue le 21 mars, marquée par des discours engagés et une vision ambitieuse pour la culture malienne.

Dès l’ouverture, la promotrice du festival, Rokiatou Camara, a donné le ton. Face aux autorités, partenaires et acteurs culturels, elle a affirmé que ce rendez-vous dépasse désormais le cadre d’un simple événement festif. « Nous n’entendons pas simplement un événement, nous affirmons une vision », a-t-elle déclaré avec conviction. Une vision où la culture devient « un levier de transformation », capable de créer des opportunités économiques et de positionner la jeunesse au cœur du développement.

Pour la promotrice, le thé incarne bien plus qu’une boisson : il est « un espace de dialogue, de respect et d’écoute », un symbole fort d’unité dans une société marquée par la diversité. Cette troisième édition marque, selon elle, un tournant décisif : le festival s’inscrit désormais dans l’agenda culturel national, avec l’ambition de rayonner au-delà des frontières du Mali et d’attirer visiteurs, investisseurs et passionnés.

Prenant la parole au nom du ministre de la Culture, le directeur du Musée national du Mali, M. Daouda Keïta a salué l’ancrage progressif de l’événement. Il a rappelé le rôle central du musée comme « temple de la culture », dédié à la conservation et à la diffusion du patrimoine malien. Accueillir le Festival du thé dans ce cadre n’est donc pas anodin : « Quel endroit plus que le musée pour recevoir ce festival ? », a-t-il interrogé.

Insistant sur l’importance du thé dans les pratiques sociales, il a souligné qu’il constitue un élément du patrimoine culturel immatériel, porteur de valeurs de partage, de convivialité et de dialogue intergénérationnel. Il en a profité pour inviter les Maliens à se réapproprier leurs espaces culturels, rappelant que le musée est avant tout destiné au public national.

Culture et économie : un duo stratégique

Même son de cloche du côté du ministère de l’Industrie et du Commerce, représenté par M. Maïga. Dans son intervention, il a mis en lumière la dimension économique du festival, qualifié d’initiative innovante à la croisée des enjeux culturels et commerciaux.

Selon lui, la filière du thé et ses produits dérivés représentent une « piste prometteuse », capable de générer de la valeur ajoutée, de stimuler l’agro-industrie locale et de renforcer la compétitivité des acteurs économiques. « Le défi est clair : transformer nos richesses culturelles en opportunités économiques durables », a-t-il affirmé.

Dans un discours imagé et profondément ancré dans les réalités sociales maliennes, il a rappelé que le thé est une véritable « institution » au Mali, un rituel quotidien qui transcende les classes sociales et rapproche les générations.

Du « premier verre, amer comme la vie mais fort comme la vérité », au « troisième verre, doux comme la paix retrouvée », le thé structure les échanges, apaise les tensions et renforce le lien social. Pour le ministère, le festival constitue ainsi un puissant outil d’éducation civique et de cohésion sociale, notamment pour les jeunes.

Avec plus de 11 000 participants et des dizaines de stands enregistrés lors des précédentes éditions, l’événement suscite un engouement croissant. Il est perçu comme un espace d’expression, d’apprentissage et d’opportunités pour la jeunesse malienne.

Un tremplin pour les acteurs économiques

Sur le terrain, les exposants confirment l’impact concret du festival. C’est le cas de M. Dembélé, venu présenter les produits de sa société. Pour lui, la participation à cet événement est essentielle : « Les produits alimentaires ont besoin de visibilité. Ici, nous rencontrons directement les consommateurs. »

Présent déjà lors de l’édition précédente, il observe des retombées positives après chaque participation, preuve que le festival constitue un véritable levier de promotion pour les entreprises locales.

Une ambition panafricaine

Au-delà de l’événement, les organisateurs nourrissent une ambition claire : faire du Festival du thé une plateforme culturelle et économique de référence en Afrique. Avec le soutien des institutions publiques, de partenaires internationaux et d’acteurs privés, le rendez-vous s’inscrit dans une dynamique durable.

Comme l’a rappelé Rokiatou Camara en conclusion: « L’Afrique n’a pas besoin d’inventer des modèles venus d’ailleurs. Elle a besoin de valoriser ce qu’elle a déjà. » À Bamako, le thé devient ainsi le symbole d’une culture assumée, moderne et tournée vers l’avenir.

Un pari réussi pour cette troisième édition, qui confirme que les traditions, lorsqu’elles sont structurées et valorisées, peuvent devenir de puissants moteurs de développement.

M. Binaté

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