
Édifier l’opinion publique nationale et internationale sur la première édition des Prix IBIBI était au cœur du déjeuner de presse organisé, hier jeudi 15 janvier 2026, par l’Association Yamarou Photo, à son siège. La rencontre, animée par M. Seydou Camara, Directeur artistique et photographe, en présence de la chargée de communication de l’association Bintou Alexandra Diarha dite Sacha, a réuni des professionnels des médias autour d’un projet culturel d’envergure panafricaine.
Portés par l’Association Yamarou Photo (A.Y.P.), les Prix IBIBI ambitionnent de répondre à un manque criant : l’insuffisance d’accompagnement des photographes émergents africains. Centre de formation et d’échanges reconnu au Mali, Yamarou Photo œuvre depuis plusieurs années à la professionnalisation du secteur à travers des formations, des master class « Karanga », des expositions, des actions de médiation scolaire et un important travail de réseautage culturel. Les juris de cette rencontre historique sont Harandan,Franziska Jenni, Antoine Tempé, Angèle Etounfi Essamba, Sénégalaise, Jan Dirrk Van Der Burg, Néerlandais et Chab Touré, Malien.
Soutenus par la Fondation DOEN, les Prix IBIBI s’inscrivent dans le projet intitulé « Entre fragilité et rigidité », dont l’objectif est de créer un espace durable de création, de visibilité et de reconnaissance pour les jeunes talents africains. Après trois années de préparation, l’initiative franchit une étape décisive avec le lancement officiel de ses prix.

La candidature aux Prix IBIBI a été lancée le 1er mars dernier et a suscité un engouement de plus de 100 candidatures reçues, dont 10 projets retenus, parmi lesquels deux photographes maliens. Une sélection qui témoigne à la fois du potentiel créatif du continent et de la rigueur du processus.
Les trois distinctions majeures seront décernées : le Premier Prix IBIBI, récompensant le meilleur projet photographique africain ; le Prix Naomie Steuer, exclusivement dédié aux femmes photographes émergentes ; le Prix du meilleur livre photo, édité par une maison africaine une catégorie qui, pour cette première édition, n’a enregistré qu’une seule candidature, révélant un chantier important à développer.
Ces distinctions seront accompagnées de conférences, d’ateliers de coaching, d’expositions et d’actions de diffusion, autour de thématiques sociétales majeures telles que la paix, la cohésion sociale et la protection de l’environnement.
Interrogé sur le sens du projet, M. Seydou Camara a expliqué que le terme « IBIBI » renvoie à la notion de noir, à la chambre photographique, mais aussi à un événement profondément ancré en Afrique.
« IBIBI, c’est avant tout un espace d’échanges et de rencontres autour de la photographie. C’est un prix destiné aux photographes émergents africains et de la diaspora, pour les accompagner, les construire et leur donner des outils durables », a-t-il souligné.
Au-delà de la récompense, un dispositif d’accompagnement sera mis en place à travers le coaching personnalisé, éditions de livres photos pour les lauréats concernés, expositions en Afrique et à l’international, ainsi qu’un appui financier. Toutefois, le directeur artistique a reconnu les difficultés financières du projet. D’où « Nous n’avons pas pu réunir 1 % du budget initial prévu. Nous sommes donc obligés de revoir certaines projections financières, mais l’essentiel reste la vision et l’avenir du projet. » a-t-il déclaré.
Au cours de la rencontre, Amadou Sow, photographe à l’ORTM, a été chaleureusement salué par M. Seydou Camara pour son professionnalisme et son engagement constant en faveur du développement de la photographie malienne et africaine.
L’organisation de ce déjeuner de presse n’était pas anodine. Pour Yamarou Photo, la presse est un acteur central du succès des Prix IBIBI.
« Faire un projet sans la presse, c’est impossible. Nous voulons une collaboration étroite avec les médias, car ce projet doit être porté par toute la communauté », a insisté Seydou Camara.
Dans cette dynamique, l’association prévoit de valoriser les journalistes partenaires à travers des portraits, des reportages sur leurs structures, des visites de rédaction et une concertation permanente, avec une large diffusion sur les plateformes de communication de Yamarou Photo et dans le Journal IBIBI.
Soutenue également par la Fondation Oumou Dilly et le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté, cette première édition des Prix IBIBI s’annonce comme un moment fort de la scène artistique africaine. À terme, Yamarou Photo ambitionne d’institutionnaliser ce rendez-vous annuel et d’en faire une référence panafricaine en matière de photographie contemporaine.
Un pari audacieux, porté par la passion, la résilience et la conviction que la photographie africaine a encore beaucoup à dire et surtout à montrer au monde.
Binaté