Refondation de l’État : vers un front commun entre institutions et société civile pour le suivi des réformes
Le Comité indépendant de suivi de la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la Refondation (CINSERE-FNR) a tenu, le 31 décembre 2025, une rencontre d’échanges avec plusieurs organisations de la société civile. Objectif : renforcer la collaboration autour du suivi citoyen des réformes engagées par les autorités de la transition, conformément aux recommandations issues des grands forums nationaux.

Présidée par le Coordinateur général du Comité, M. Amadou Tièoulé Diarra, cette rencontre a réuni le Conseil national de la société civile ainsi que diverses plateformes constituées en consortium. Ces organisations souhaitent jouer un rôle actif dans l’évaluation de l’état d’avancement des engagements du gouvernement, notamment ceux issus des Assises nationales de la Refondation, du Dialogue inter-malien, des États généraux de l’éducation, de la migration, de la jeunesse et des sports.
Dans sa présentation, le rapporteur général du Comité, M. Bougouna Sogoba a dressé les grandes lignes du bilan provisoire de la mise en œuvre des recommandations. Il a souligné des réformes institutionnelles importantes, susceptibles d’améliorer durablement la relation entre l’État et les citoyens.
Cependant, le rapporteur général a également attiré l’attention sur des enjeux cruciaux, notamment en matière de relance économique et surtout d’emploi des jeunes, qu’il considère comme un facteur déterminant pour la stabilité nationale. À cet effet, il a insisté sur la nécessité pour chaque département ministériel d’adopter une planification rigoureuse, assortie de mécanismes clairs de mise en œuvre et de suivi des recommandations.
Sur le plan chiffré, le Comité indique qu’environ 74 % des recommandations ont fait l’objet d’actions engagées ou achevées par le gouvernement, tandis que 14 % sont en cours de démarrage. Les autres recommandations n’ont pas encore connu de début de mise en œuvre. Ce bilan prend en compte les actions prévues jusqu’au 31 mars 2024.
En termes de perspectives, le CINSERE-FNR entend accentuer le suivi en mettant l’accent sur la consolidation des réformes, la coordination intersectorielle et la mobilisation des acteurs au niveau central et régional, afin d’assurer une cohérence globale dans l’exécution des recommandations nationales.
Clôturant son intervention, M. Sogoba a souligné que : « La redevabilité des gouvernants est une nécessité absolue. Le contrôle citoyen est indispensable pour bâtir un État souverain, stable et engagé. », comme message fort à la société civile
La société civile en ordre de bataille
Prenant la parole au nom de la société civile, Mme Barry Aminata Touré, deuxième vice-présidente du Conseil national de la société civile et point focal du Projet d’appui à la société civile, a salué l’initiative du Comité. Elle a rappelé que la société civile met actuellement en œuvre un programme d’appui à la veille citoyenne sur les réformes de la refondation.
Selon elle, cette rencontre visait avant tout à mieux comprendre le rôle, les missions et le mandat du CIS-ANR, une institution encore peu connue par certains acteurs. Elle a également permis de prendre connaissance des résultats obtenus à ce jour, notamment sur les 517 recommandations recensées, dont certaines sont en cours de mise en œuvre tandis que d’autres restent à l’état de projet.
Mme Touré a souligné que la société civile dispose de ses propres outils de collecte de données et de mécanismes de veille citoyenne, et qu’elle travaille désormais en synergie au sein d’un consortium regroupant cinq grandes structures, dont le Conseil national de la société civile, des organisations féminines et le Conseil national des jeunes.
Si elle reconnaît la complémentarité des approches entre le CIS-ANR et la société civile, Mme Touré a toutefois rappelé les limites de moyens auxquelles font face les organisations citoyennes, comparées à celles d’une institution étatique. Elle a néanmoins salué les résultats obtenus par le Comité et annoncé la volonté du consortium de produire, dans le cadre du projet, un document officiel de la société civile à soumettre au CIS-ANR afin de renforcer le dialogue et la collaboration.
« Notre objectif est que les communautés puissent vivre en paix, en sécurité et bénéficier du bien-être auquel elles aspirent », a-t-elle conclu.
À travers ce dialogue renforcé entre le Comité de suivi et les organisations citoyennes, se dessine la volonté partagée de faire de la refondation de l’État un processus transparent, participatif et durable, où la vigilance citoyenne devient un levier central de la gouvernance publique.
Binaté