Crimes coloniaux et traite négrière : Des voix africaines réclament justice et réparation

L’Afrique noire, longtemps meurtrie par des siècles d’esclavage, de traite négrière et de colonisation, refuse désormais de tourner la page sans réparation. C’est le message fort lancé par les participants à la 3e édition du « Forum À la Une », organisée ce samedi 19 juillet 2025 au Grand Hôtel. Une initiative portée par des intellectuels, historiens, chercheurs, leaders d’opinion et acteurs de la société civile, unis autour d’un objectif : exiger justice réparatrice pour les crimes historiques commis contre l’Afrique.
L’histoire témoigne d’un lourd tribut payé par le continent africain. Traite transatlantique, traite orientale, traite intra-africaine et colonisation ont dévasté des générations entières, saigné les forces vives du continent et sapé ses fondements sociaux, économiques et culturels. Des millions d’Africains valides ont été arrachés à leurs terres, réduits en esclavage ou soumis à des conditions inhumaines, avec des séquelles toujours visibles aujourd’hui.
Vers une commission panafricaine d’expertise
Lors de ce forum, les panélistes maliens ont uni leurs voix à celles de nombreuses figures africaines et de l’Union africaine pour réclamer des réparations concrètes. Selon eux, il ne s’agit plus d’un simple devoir de mémoire, mais d’une nécessité historique de rétablir la vérité, de reconnaître les crimes et de réparer les torts.
« L’heure est à la justice, à la réparation, à la reconstruction morale et matérielle de l’Afrique », a déclaré l’un des intervenants. À cet effet, les participants ont annoncé la mise en place imminente d’un comité d’experts pluridisciplinaires composé d’historiens, d’économistes, de juristes et de sociologues. Leur mission : évaluer l’ampleur des pertes humaines et économiques subies par le continent et formuler une demande chiffrée de réparation auprès des anciens empires esclavagistes et colonisateurs.
Une dynamique pour sauver la mémoire et l’avenir
Les organisateurs ont insisté sur le fait que cette démarche n’a rien d’utopique ni de vindicatif. Il s’agit, selon eux, d’un combat pour la dignité, la justice et la vérité historique. L’objectif est également de sensibiliser les jeunes générations africaines à l’importance de cette mémoire collective, pour bâtir un avenir libéré des traumatismes du passé.
Le forum a aussi été l’occasion de plaider pour un travail de pédagogie et d’intégration de ces sujets dans les systèmes éducatifs africains. Car, affirment les participants, « on ne peut construire un futur solide sur un passé nié ou effacé ».
Ainsi, le « Forum À la Une » marque une nouvelle étape dans la revendication d’une justice historique pour l’Afrique. Une dynamique est en marche. Et pour ses initiateurs, cette lutte pour la mémoire et la réparation n’est pas seulement une exigence morale : elle est un levier de renaissance africaine.
Briinho