Lutte contre la pollution artisanale : l’ANGESEM sensibilise les teinturiers de Bamako et Kati

Prévenir les risques sanitaires et environnementaux liés à la teinturerie artisanale, tel était l’objectif de la journée portes ouvertes organisée par l’Agence Nationale de Gestion des Stations d’Épuration du Mali (ANGESEM) à l’intention des teinturiers de Bamako et Kati. L’événement s’est tenu en partenariat avec le Ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, avec l’appui du programme Blue Deal et du projet Mali SANYA de la GIZ. C’était le vendredi, 27 juin 2025, sur le site de teinturerie au bord du fleuve Niger à Djikoroni.
Un secteur vital mais à risque
Pratiquée majoritairement par des femmes, la teinturerie artisanale constitue une source précieuse de revenus pour de nombreuses familles. Cependant, elle s’exerce souvent dans des conditions précaires, exposant les ouvrières à des substances toxiques, tout en générant une forte pollution des eaux et du sol.
« La gestion des déchets liquides constitue aujourd’hui le talon d’Achille de l’amélioration du cadre de vie dans nos villes », a déploré Mme Doussouba Doumbia, directrice de l’ANGESEM. Elle a souligné que les eaux usées chargées de produits chimiques sont le plus souvent déversées sans traitement préalable dans les caniveaux, les collecteurs urbains, ou infiltrées dans les nappes phréatiques, mettant en péril la santé publique et les écosystèmes.
Une urgence environnementale et sanitaire

Selon les chiffres du ministère, 80 % des maladies dans les pays en développement sont d’origine hydrique, dont la diarrhée, l’une des principales causes de mortalité infantile. Au Mali, c’est moins la quantité que la qualité de l’eau qui pose problème.
À Bamako, la pratique de la teinturerie s’effectue fréquemment à domicile ou à proximité des marigots et du fleuve Niger, sans dispositifs d’assainissement adaptés. Cette situation alarme les autorités sanitaires et environnementales, qui appellent à une transformation durable du secteur.
Des solutions concrètes à l’essai

DG de l’ANGESEM
Dans le cadre du partenariat ANGESEM–Blue Deal, une station pilote de traitement des eaux usées issues de la teinturerie a été installée dans l’enceinte de l’ANGESEM à Sotuba. De plus, les teinturiers de Bamako et Kati seront progressivement équipés de bacs de collecte pour le conditionnement des eaux usées avant leur traitement.
Mme Doumbia a expliqué que l’objectif est de « réduire l’impact des eaux usées sur l’environnement et d’améliorer le cadre de vie des populations ». Elle a invité les artisans à utiliser des fosses étanches ou des bacs de stockage, avant l’acheminement des déchets liquides vers la station de traitement.
Un engagement durable des partenaires

Présente à la cérémonie, Mme Aïssata Cissé, représentante du Ministre de l’Environnement, a salué cette initiative. Elle a rappelé que « la protection des ressources en eau et la réduction de la pollution sont des priorités nationales, au cœur de la stratégie de développement durable du Mali ».
De son côté, M. Sissoko, Directeur du programme Mali Keneya de la GIZ, a souligné que l’appui de la coopération allemande s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de sensibilisation environnementale.
Que « La République fédérale d’Allemagne accompagne le Mali dans ses efforts de protection de l’environnement et de gestion durable des déchets, aussi bien solides que liquides » a-t-il laissé entendre.
Il a également annoncé un soutien renforcé de la GIZ à l’ANGESEM pour la période 2026-2027, avec la réalisation de nouvelles infrastructures de gestion des eaux usées à partir de janvier 2026.
Un signal fort pour un développement équilibré
En remerciant les partenaires techniques et financiers, la représentante du ministère de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable M. Aïssata Cissé a réaffirmé la volonté du gouvernement malien de concilier développement économique local et protection de l’environnement.
Cette journée de sensibilisation marque une étape importante dans la lutte contre la pollution liée à la teinturerie artisanale. Elle appelle à une mobilisation collective pour un secteur plus sûr, plus sain, et respectueux de l’environnement.
Par Binaté
Source: La Foudre