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Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale : Intensification de la sensibilisation au cœur des débats

À l’instar de la communauté internationale, le Mali va célébrer la journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale tenu tous les 23 mai de chaque année. À la veille de ladite journée philanthropique, le Directeur Général de l’Office National de la Santé de reproduction Dr Ben Moulaye Haïdara a animé une conférence de presse sur l’état du fléau au Mali et cette journée. C’était dans la salle de conférence de l’ONASR le 22 mai 2024, en présence de Mamadou Lamine Diakité, spécialistes de la maladie au CHU POINT G.

La Fistule Obstétricale se définit comme une perforation de la paroi vaginale qui communique avec la vessie ou le rection à la suite d’un travail d’accouchement long et difficile ». Elle se manifeste par une perte d’urines et parfois de matières fécales par le vagin engendrant une souffrance physique, morale, psychologique et sociale. Elle est une affection très handicapante qui touche la jeune femme et qui l’exclut de la société. Elle frappe en général des parturientes de niveau socio-économique bas, dans les régions où la couverture médicale est faible.

En guise de rappel, cette journée philanthropique a été initiée par l’Assemblée Générale des Nations Unies lors de sa 67 session tenue le 20 décembre 2012 à New York (A G /11331), a proclamé le 23 Mai comme journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale. La célébration de cette journée au Mali depuis 2013, traduit l’engagement politique des plus hautes autorités du pays. Pour cette édition 2024, le ministère de la Santé et du Développement Social s’appuie sur l’Office National de la Santé de la Reproduction pour organiser les activités de ladite journée, a déclaré. Le thème de l’édition 2024 pour le Mali est de: «Intensifier la sensibilisation auprès des prestataires et des communautés pour renforcer la prévention et la prise en charge de la fistule obstétricale ».

Selon le DG de l’ONASR, l’objectif général de cette journée commémorative est de contribuer à l’accélération de l’élimination de la fistule obstétricale au Mali.

Spécifiquement, elle vise à renforcer la compréhension des autorités, des prestataires, des responsables des organisations de la société civile et des communautés sur la problématique de la fistule obstétricale au Mali à travers la communication pour le changement social et de comportement; emmener les décideurs/autorités gouvernementales à s’engager dans la prise d’actions fortes en faveur de la prévention et la prise en charge des femmes porteuses de fistules obstétricales; renforcer le partenariat public privé pour une meilleure synergie des interventions dans le cadre de la prise en charge de la fistule obstétricale.

En ce qui concerne les chiffres, le Dg de l’ONASR a montré que, relativement aux données de l’Organisation Mondiale de la Santé, la prévalence de la fistule obstétricale est estimée à plus de 2 millions de jeunes femmes à travers le monde dont la plupart en Afrique et en Asie du Sud. Son incidence en Afrique de l’Ouest est de 3 à 4 pour 1000 accouchements. Pour faire face à ce drame silencieux, le système des Nations Unies a lancé en 2005 la campagne mondiale d’élimination de la fistule obstétricale sous l’égide de l’UNFPA. Les chiffres de résultats de prise en charge chirurgicale de la fistule obstétricale de 2018 à 2023 varient et se présentent comme suit : 2018 : 178 cas; 2019 : 253 cas; 2020 : 192 cas; 2021 : 259 cas; 2022 : 286 cas, 323 en 2023.

Face à l’augmentation des cas, Dr Ben Moulaye Haïdara estime que « l’une des stratégies mondiales retenues par le système des Nations Unies pour lutter contre la fistule obstétricale est de faire le plaidoyer pour mobiliser davantage de ressources, et de sensibiliser la communauté sur les facteurs favorisants afin de la prévenir».

En d’autres termes, le Dr Ben Moulaye Haïdara a laissé entendre que « les facteurs favorisants la survenue de la fistule obstétricale sont entre autres : mariage précoce/grossesse précoce, le retard tardif aux soins pour l’accouchement, mutilations génitales féminines, l’inaccessibilité géographique des services de santé, Malnutrition, les erreurs médicales».

Conséquences de la survenue d’une fistule obstétricale

Le DG de l’ONASR a affirmé que ce fléau peut entraîner de grave gâchis, à savoir : La perte de l’enfant; l’exclusion religieuse; la marginalisation voire l’isolement; la pauvreté; l’abandon de la femme victime par son mari voire le divorce; l’insuffisance d’information sur le traitement; la pauvreté; le traumatisme psychologique, l’infertilité.

De son côté, Mamadou Lamine Diakité a donné plus de détails sur le traitement de la fistule obstétricale.

Selon le spécialiste du CHU de Point G a fait savoir  que « le traitement de la fistule obstétricale est chirurgical. Il est cher et n’est pas à la portée des victimes. Plusieurs obstacles sont liés à son traitement notamment : Coût élevé du traitement, l’insuffisance de ressources humaines qualifiées spécialisées dans la chirurgie de la fistule. Au Mali, ce traitement est pris en charge généralement par les partenaires: UNFPA, USAID/ MSSFPO, IAMANEH Mali, COOPERACCIO, INNER WEEL, FONDATION ORANGE..»

Il montré que son traitement ne ce fait seulement au CHU Point G Bamako, mais aussi à l’Hôpital Fousséni Ndaou de Kayes, Hôpital de Sikasso, Hôpital Nianankoro Fomba, Hôpital de Mopti, Hôpital de Gao, Hôpital Tombouctou et le CSRéf de Koulikoro. Il a précisé que la maladie est guérissable que si le traitement commence à temps.

Les moyens de préventions  

Pour éviter la fistule obstétricale Mamadou Lamine Diakité suggère de : effectuer des consultations prénatales régulières, effectuer l’accouchement (personnel qualifié) dans un centre de santé, affecter une Sage-femme dans chaque maternité du centre de soins Poser toujours une sonde urinaire en cas d’évacuation, recourir á la césarienne au besoin, former plus de chirurgien pour la pratique Césarienne, eviter le mariage d’enfants, promouvoir la planification familiale, de ne pas exciser les jeunes filles dans la communauté, élaborer un plan d’action pour l’élimination de la fistule.

Briinho

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